Chers Mauriciens, d'ici et d'ailleurs,
Je m'énerve, je me braque et je me sens bafouée depuis quelque temps. J'ai cette horrible impression d'être une misérable marionette, un pion sur un echiquier. De plus, je suis le pion
que l'on va sacrifier à la faveur d'un plus grand projet...
Ainsi Desbro s'est retrouvé la clé sous le paillasson, les planteurs du Nord se sont retrouvés sans terres parce que d'autres investisseurs avaient besoin de prendre place. Et nous
vendons nos précieuses terres aux étrangers... De combien d'autres exemples avons nous été témoins ?
Le sentiment que j'ai est que le gouvernement, dans sa chasse à l'investisseur, est à solder notre île... Dans son désir de rendre l'industrie touristique plus forte et plus
rentable, les dirigeants sont à brader nos plages. Pourquoi est-ce que nous sommes exclus des promotions? Pourquoi est-ce que nous sommes comdamnés à nous contenter des
restes ? Est-il normal que nous soyons toujours les derniers a êtreconsultés? Sommes-nous si peu importants aux yeux du gouvernement ? Nos plus grandes richesses ne sont-elles
pas nos terres et nos lagons ? Sans eux, que nous reste-t-il de l'Ile Maurice ? Des conflits ? Du béton ? Comment s'identifier a cela ? Notre mal être sera t-il aussi vendeur que nos
plages ? Parlera-t-on encore de l'acceuil légendairement chaleureux des mauriciens ? Ou cela fera t-il aussi partie du passé, un épisode que l'on racontera à nos
enfants en même temps que le tambalocoque et le dodo ?
Je me souviens d'une époque bénie ou l'on pouvait encore prendre un bain de mer là où on le souhaitait. Je me souviens d'une époque où nous ne prenions pas l'autoroute pour aller cueillir
des goyaves de chine. Je me souviens de pique-niques inoubliables là où se trouvent maintenant des hôtels. Sommes nous plus heureux aujourd'hui qu'il y a quelques années? Maintenant que nous
n'avons plus grand chose à vendre, accepterons-nous de sacrifier aussi nos lagons ? Quoi d'autre encore ?
La chasse à l'investisseur ne peux pas avoir plus d'importance que le bien être de la population. Et que l'on cesse de nous prendre pour des imbéciles : tout cet argent qu'est supposé
rapporter les investisseurs étrangers ne finit jamais, ne serait-ce qu'indirectement, dans nos porte-monnaies, et ne se reflète aucunement sur notre niveau de vie... Alors stop ! Ce
pays est à nous. Il est hors de question que nous laissions prendre en otage nos lagons !
Furieusement mauricienne,
Nadine HITILLAMBEAU